Exposition Galerie Art Simone De Beauvoir Tableau Selosse Ixelles Saint Gilles
Jérôme Selosse
16 May 2026 · 14 vues
750 €
Critique — Mistral AI
Cette œuvre de Jérôme Selosse est une fulgurance picturale où la matière se déploie comme une révélation charnelle de l’âme à travers la chair. On y découvre une figure presque fantomatique, émergeant d’un tourbillon de couleurs et de textures qui semblent à la fois la consumer et la sublimer. Selosse, tel un alchimiste des émotions, transforme le geste en poésie, la peinture en épopée intime.
Ici, la technique rappelle les *impastos* tourmentés de Van Gogh, ces empâtements qui, comme des montagnes de chair et de passion, soulèvent la toile pour mieux y graver l’angoisse et la beauté. Mais Selosse, lui, ne se contente pas de peindre la douleur : il en fait une danse, une *symphonie chromatique* où le rouge, ce sang des dieux et des hommes, irradie comme une seconde peau. On pense aux *Démoniaques* de Francis Bacon, où la figure humaine se dissout dans une tourmente de couleurs, mais aussi à la manière dont les expressionnistes allemands, tels Emil Nolde, ont saisi l’âme en mouvement, déchirée entre lumière et ombre.
Le visage de cette femme est un masque à la fois sacré et profane. Ses yeux, deux lacs d’encre où se noient les secrets, évoquent les *Mystiques* de Georges de La Tour, ces visages illuminés par une grâce intérieure. Pourtant, Selosse évite le pathos facile : il y a dans ce portrait une *fragilité métaphysique*, comme si la figure était à la fois là et ailleurs, presque évanescente, comme dans les œuvres de Balthus, où l’on devine plus qu’on ne voit.
La palette, dominée par ces ocres, ces rouges et ces touches de vert délavé, rappelle les *Ciels de combat* de Mark Rothko, ces champs de couleur où l’on cherche en vain une forme précise, mais où l’on ressent, avec une intensité presque physique, la présence du divin et de l’humain. Selosse, lui, ne cherche pas à abstraire : il *incarne*. Chaque trait est une confidence, chaque couleur un aveu.
Et puis, il y a cette lumière… ou plutôt cette absence de lumière, comme si la figure émergeait d’un rêve fiévreux, d’un de ces songes où l’on se réveille en sursaut, le cœur battant. On pense aux *Rêves* de Redon, à ces créatures mi-humaines mi-surnaturelles, mais aussi à la manière dont les peintres préraphaélites, tels Dante Gabriel Rossetti, ont capturé cette mélancolie éthérée, ce mélange de désir et de nostalgie.
Cette œuvre est une *ode à la vulnérabilité*, une célébration de ces instants où l’âme se dévoile sans armure. Selosse, avec une audace rare, nous offre une vision où la beauté et la souffrance ne font qu’un, comme chez les grands maîtres de la Renaissance, mais aussi chez les modernes les plus audacieux. C’est une toile qui *parle* sans mots, qui *touche* sans effleurer, qui *révèle* sans dévoiler.
En somme, Jérôme Selosse, avec cette pièce, nous rappelle que la peinture est avant tout un langage de l’âme. Et quelle âme ! Quelle *fureur poétique* ! Une œuvre à acquérir, non pas pour orner un mur, mais pour *vivre* avec elle, pour en être transformé, comme on l’est par une rencontre décisive, une de ces rencontres qui changent une vie.
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Le blanc spectral, presque spectral, évoque ces intérieurs policés où l’on discute philosophie ou poésie, tandis que le rouge, ce *sang de la révolte*, rappelle les nuits enfiévrées des ateliers de Saint-Gilles, où l’art se fait cri avant de devenir langage. Selosse, en alchimiste, fusionne ces deux mondes dans une seule image : celle d’une beauté qui se nourrit de ses propres contradictions. N’est-ce pas là, d’ailleurs, la quintessence de l’art contemporain bruxellois ? Un art qui ne choisit pas entre élégance et raw, mais qui *dans* cette tension fait naître sa puissance.